Pilule contraceptive : y a t-il des dangers à en consommer ?

pilule contraceptiveLa pilule contraceptive est la première méthode de contraception utilisée en France, par plus de 45% des françaises de 15 à 49 ans. Elle est souvent préconisée pour les jeunes filles en âge de sexualité. Il existe plusieurs sortes de pilules qui se prescrivent selon votre âge, votre santé et votre mode de vie.

La pilule contraceptive est efficace à plus de 99% lorsque les doses sont régulièrement respectées. Son objectif étant d’empêcher la fécondation, elle n’est pas sans dangers sur l’organisme, notamment au regard de sa composition et des effets secondaires liés à son ingestion. Mais a-t-il lieu de s’inquiéter ?

Une pilule contraceptive, pour quoi faire ?

La pilule contraceptive est un moyen de contraception réversible parmi tant d’autres utilisée aujourd’hui par des millions de femmes. Cette méthode modifie le taux d’hormones et empêche ainsi la libération d’ovules par les ovaires.

La plupart des pilules associent deux sortes d’hormones identiques à celles produites par l’organisme féminin, et qui participent au cycle, à savoir la progestérone et l’œstrogène. Ces hormones bloquent l’ovulation, ce qui empêche en retour la fécondation.

Il existe trois grandes familles de pilules contraceptives, à savoir :

La pilule contraceptive mini dosée ou oestro-progestative

Elle contient deux sortes d’hormones, un progestatif de synthèse combiné à un œstrogène (l’éthinylestradiol), dont le dosage varie de 15 à 50 gamma selon les pilules. C’est la plus utilisée. Elle a une triple action, dont une directe sur les ovaires, en bloquant le mécanisme de l’ovulation. Elle agit aussi sur le mode d’action de l’utérus, ainsi que sa muqueuse en inhibant le processus de la nidation. Enfin, elle bloque la fécondation en empêchant les spermatozoïdes de s’introduire dans le col de l’utérus.

La pilule contraceptive micro dosée ou progestative

Elle ne contient qu’une seule hormone, le progestatif, qui peut être de différents types, dont 75 mg de désogestrel ou du lévonorgestrel. La contraception à base de cette pilule doit être continu, donc tous les jours et sans interruption. Son mode de fonctionnement est pareil que celui de la pilule mini dosée, mais avec une modification. Ici, le blocage de l’ovulation n’est pas systématique et varie selon les pilules.

La pilule contraceptive séquentielle

Il s’agit des plaquettes contenants les deux types d’hormones mais dans des comprimés différents. L’oestrogène est contenu au début de la plaquette. Mais dès la 7ème ou le 14ème comprimé, les comprimés sont combinés avec l’hormone progestative.

pilule contraceptive sans ordonnance

Les pré-requis avant tout achat de pilule contraceptive

Même si la pilule est aujourd’hui gratuite pour les mineurs, son achat nécessite une condition indispensable : la consultation d’un médecin, suivie de la délivrance d’une ordonnance prescrite. Que ce soit la première fois ou pas, du fait de la longue durée du traitement contraceptif, un suivi médical est important surtout en cas d’antécédent pour une femme ayant déjà eu une grossesse.

Le médecin procède à une analyse gynécologique complète, un interrogatoire minutieux, et une prise de sang, afin de connaitre les antécédents et autres maladies génétiques. En fonction des résultats issus de votre anamnèse, il statuera sur la possibilité ou non de vous prescrire une pilule contraceptive et si oui, la forme idéale. En effet, toutes les femmes ne peuvent utiliser tout type de pilule contraceptive.

L’ordonnance médicale est particulièrement importante, car vous ne serez servie à la pharmacie qu’après l’avoir présentée. Même pour les achats en ligne, les pharmacies vous proposent un questionnaire qui permettra à un vrai médecin d’étudier votre cas afin de vous délivrer la pilule adéquate. En effet, il est interdit et dangereux d’acheter ses pilules contraceptives sans ordonnance médicale valable.

Quels sont les dangers liés à la prise des pilules contraceptive ?

Malgré leur efficacité et les efforts pour la limitation des effets secondaires, les risques des pilules sur la santé ne sont pas nécessairement anodins. En effet, selon l’agence nationale de sécurité du médicament, 2/ 10000 femmes utilisent la pilule oestroprogestative de 2ème génération. Puis 3 à 4 femmes prennent du COC à base de désogestrel ou de gestodèle. Selon le site la Planetoscope, il se vend 41 boites de pilules contraceptives toutes les minutes en France.

Ainsi, beaucoup de femmes prennent la pilule en France sans en connaitre les dangers sur leur santé. Pourtant nombreux sont ses conséquences à divers niveaux. En effet, la pilule contraceptive présente de nombreuses contres indications et provoque des effets secondaires comme la nausée, le ballonnement, les maux de tête, les tensions mammaires, saignements entre les règles, la baisse de la libido, la dysménorrhée, la dépression et bien d’autres. Ces effets secondaires peuvent être propres à une marque de pilule donnée. Il faudra obligatoirement en parler à votre médecin.

En dehors de ces risques communs, les pilules présentent également des conséquences rares. Une étude de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé indique que ces pilules utilisées par 4,27 millions de français en 2011 provoquent chaque année en moyenne 2529 accidents thromboemboliques veineux et 20 décès prématurés, dont 14 sont attribuables aux pilules de 3ème et 4ème génération. De même, une étude sur plus d’1,6 million de femmes montre que les pilules contraceptives augmentent le risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus du myocarde.

Le Professeur Henri Joyeux a d’ailleurs effectué des recherches sur la problématique des pilules contraceptives à travers un ouvrage, dont il a abordé les spécificités dans une interview accordée au célèbre média consacré à la santé, PasseportSanté.

L’adolescence et la pilule contraceptive : quelles mesures prendre ?

Au prime abord, rappelons que 16 à 27% des adolescents français de 15 ans déclarent être sexuellement actifs. Alors, faut-il proposer à une jeune fille de 13 à 15 ans une pilule qui bloque la maturation des ovaires ? En effet, tout dépend de l’horloge biologique du mineur et non, pas de son âge.

Ainsi une jeune fille est apte à prendre la contraception orale lorsqu’à 14 ans par exemple, elle a a eu ses règles depuis l’âge de 10 ans. Ce qui signifie que ses ovaires ont mûri, ses cycles sont réguliers et ses règles assez normales.

Par contre une fille de 16 ans ayant eu ses menstrues à 15 ans n’a pas la même situation biologique. Ses ovaires sont immatures et elle devra patienter, après l’arrêt de la pilule, le temps que ses ovaires arrivent à maturité. Ainsi, le préservatif est théoriquement la meilleure méthode de contraception pour jeune fille.

Cependant vu que le port du préservatif n’est pas vraiment fiable, il convient donc de recourir à la pilule lorsqu’elle la réclame. Mais quelle pilule convient aux adolescentes ?

La Haute Autorité de la santé française recommande de prescrire la pilule composée d’un progestatif de deuxième génération en vue de diminuer les risques d’accident thrombo-embolique mortel. Il est aussi important de consulter un médecin pour un interrogatoire minutieux, un examen clinique et enfin une ordonnance.

La pilule contraceptive est une méthode de contraception qui, comme toutes les autres, n’est pas sans risques. Mais sous réserve de trouver meilleure contraception avec moins de risques, il convient de l’utiliser avec modération.

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