Tout savoir sur l’accouchement naturel

Aujourd’hui de plus en plus de femmes semblent délaisser quelque peu le procédé classique de l’accouchement : dans une société où tout pousse à la surmédicalisation, les parturientes sont en effet de plus en plus enclines à s’affranchir des codes traditionnels, au profit de méthodes plus physiologiques et respectueuses de leur nature profonde. Mais bien que les mentalités évoluent, les établissements qui pratiquent l’accouchement naturel sont encore peu répandus.

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Le désaveu de la péridurale

Inventée dans les années 1940, l’anesthésie péridurale ne s’est popularisée qu’à partir des années 1970. Depuis, cet acte médical est aujourd’hui devenu la norme : on estime en effet qu’environ 82% des femmes y ont eu recours dans les maternités françaises en 2016, soit une écrasante majorité.

Il faut dire que la promesse d’un accouchement sans douleur a de quoi séduire, tant le moment est redouté par les femmes enceintes.

Pour autant, ce qui est souvent présenté comme une simple formalité par le corps médical reste un réel acte chirurgical, qui ne devrait pas être considéré comme anodin : en effet, bien que le geste soit maîtrisé par la plupart des anesthésistes, c’est une pratique qui peut parfois s’accompagner de complications plus ou moins importantes.

Il peut également être carrément contre indiqué chez les patientes à risques, notamment celles dont le taux de plaquettes est insuffisant.

Mais au-delà du risque, encore une fois modéré, c’est surtout l’aspect non physiologique de l’accouchement qui est remis en cause de nos jours : en effet, si elle représente un progrès incontestable dans le monde de l’obstétrique, et de la médecine plus généralement, la péridurale reste une anesthésie artificielle, qui n’est pas prévue par le corps humain à la base. C’est pourquoi de plus en plus de parturientes choisissent de se passer de péridurale pour leur accouchement.

Mais alors que peut-on attendre d’un accouchement dit naturel ?

L’accouchement naturel, qu’est-ce que c’est ?

Un accouchement est dit naturel lorsqu’il est pratiqué dans un environnement qui favorise le déroulement du processus naturel, tout en écartant les facteurs qui pourraient entraver ledit processus.

On peut aussi parler d’accouchement physiologique, le terme faisant référence à l’activité de l’organisme de l’être humain.

L’accouchement naturel suppose donc que toute intervention extérieure destinée à provoquer, faciliter ou accélérer le processus, est exclue.

Cela implique notamment l’anesthésie péridurale, mais aussi l’administration d’ocytocine, une substance naturellement produite par le corps pour déclencher les contractions qui est souvent administrée artificiellement pour accélérer le travail ou la délivrance.

Stricto sensu, on exclut aussi le recours à l’épisiotomie, même si dans les faits cet acte chirurgical s’avère parfois indispensable pour éviter toute complication.

Qui pratique l’accouchement naturel ?

Face au nombre croissant de femmes séduites par la promesse d’un accouchement physiologique, souvent jugé comme moins traumatisant pour la parturiente comme pour le bébé, de plus en plus de maternités ont décidé de mettre en place des procédures destinées à faciliter le recours à ce type d’accouchement.

C’est notamment le cas de la maternité de la clinique Saint George à Nice, qui possède une salle physiologique spécialement dédiée à celles qui souhaitent un accouchement naturel.

Outre le dispositif médical indispensable en cas de complications, la salle dispose aussi d’un monitoring nomade. Elle est également équipée d’une baignoire, l’eau chaude aidant non seulement à la dilatation du col mais également à l’apaisement de la douleur des contractions. Le tout dans une ambiance feutrée, propice au calme et à la décontraction.

Il faut cependant admettre que peu de maternités sont actuellement équipées de telles salles. On trouve en revanche de plus en plus de maisons de naissance : ces structures sont gérées par des sages-femmes, spécialement formées à l’accouchement naturel.

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Elles ont l’apparence d’une maison d’habitation classique, à la différence que toutes les chambres sont conçues pour pratiquer les accouchements physiologiques.

Enfin, la parturiente peut bien sûr choisir de vivre son accouchement naturel dans l’intimité de son foyer : elle peut alors choisir une sage-femme qui la suivra à domicile, et s’occupera de superviser l’accouchement directement chez la patiente.

Il faut toutefois garder à l’esprit que l’accouchement à domicile est très peu médicalisé, et qu’il implique donc une réaction plus tardive en cas de complication.

C’est pourquoi il est plutôt conseillé aux multipares, c’est-à-dire les femmes qui ont déjà vécu un ou plusieurs accouchements auparavant : il est en effet généralement plus facile de rester calme et sereine pour une femme qui a déjà eu un enfant, et donc plus à même de gérer son accouchement naturel.

Bien se préparer pour un accouchement naturel

Si beaucoup de spécialistes déconseillent l’accouchement physiologique aux femmes primipares, ce dernier est totalement accessible à toutes sans restriction : n’importe quelle femme, ayant déjà accouché ou pas, peut en effet choisir un accouchement naturel.

Force est de constater que, dans l’inconscient collectif, l’accouchement naturel est forcément associé à la douleur. Et pourtant, on peut tout à fait accoucher naturellement et dans la sérénité, sans douleur ou presque. Le tout est de bien s’y préparer en amont, de façon à savoir gérer le jour J.

Pour cela, il est vivement recommandé de faire appel à une sage-femme spécialisée dans l’accouchement physiologique, qui saura orienter la patiente vers une méthode adaptée à son cas.

S’affranchir de la peur

La peur est réellement la pire ennemie des parturientes : sous l’effet de la peur, le corps sécrète de l’adrénaline, destinée aux membres qui permettent la fuite ou la défense. L’utérus est ainsi délaissé de l’afflux sanguin, essentiel à son oxygénation, ce qui ralentit le travail.

Par ailleurs, la peur empêche également la sécrétion d’endorphines, hormones normalement sécrétées en cas de douleur et qui procurent la sensation de bien-être. Or, durant le travail, l’endorphine permet au corps de débrancher en quelque sorte le cerveau rationnel (celui qui commande la peur), au profit du cerveau primitif. C’est pourquoi il est indispensable d’apprendre à s’affranchir de la peur de l’accouchement.

L’auto-hypnose

Si peu de professionnels sont formés à cette pratique, celle-ci peut pourtant être d’une aide précieuse durant le travail : proche de la sophrologie et de la relaxation, l’auto-hypnose est basée sur le principe selon lequel la peur de la douleur engendre un blocage du processus naturel. Elle permet donc de combattre ce principe, afin de libérer le corps et l’esprit pour pouvoir accoucher sereinement. Une fois débarrassée de ses peurs, la parturiente peut ainsi se focaliser totalement sur son bien-être et celui de son enfant.

La respiration, la clé de l’accouchement naturel

Pour gérer les contractions de plus en plus douloureuses pendant le travail, il est essentiel de s’entraîner à la respiration. Plusieurs méthodes de respiration sont possibles, mais on conseille généralement de prendre une inspiration normale, puis d’expirer le plus longtemps possible, et ce pendant toute la durée de la contraction. On peut par exemple faire des vocalises ou même chanter, de façon à détourner l’attention de la douleur tout en oxygénant l’utérus.

Conclusion

Vous l’aurez compris, l’accouchement naturel est à la portée de n’importe quelle femme qui le souhaite vraiment. Il suffit simplement d’être à l’écoute de soi-même et de ses désirs. Si vous envisagez un accouchement physiologique, souvenez-vous avant tout que la panique est votre pire ennemie : accueillez vos sensations et laissez-vous aller, et tout se passera à merveille !

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